La compétition de cocktails et soft cocktails The Bartenders Society organisée par Marie Brizard, Saint James et Caraïbos s'offre un plateau de jurés impressionnant pour sa grande finale hexagonale. MOF, champion du monde, cheffe étoilée… Le niveau est encore monté d'un cran.
Pour sa finale nationale, qui se tiendra à Bordeaux le 1er Juin (retransmise en live sur les réseaux sociaux du concours), l'organisation a mis les petits plats dans les grands en constituant un jury qui n'a pas grand-chose à envier aux plus grandes compétitions internationales. Tour d'horizon d'une table de jurés qui va faire transpirer plus d'un finaliste.
Matthias Giroud, le président du jury
Matthias Giroud est l’une des figures les plus respectées de la scène bar française, et au-delà. Formé dans les grandes maisons, habitué des scènes internationales, il a construit une réputation qui dépasse largement les frontières de l'Hexagone. C'est d'ailleurs lui qui a convaincu la cheffe Mélanie Serre de rejoindre l'aventure, preuve d'un réseau et d'un carnet d'adresses qui s'étend bien au-delà du monde du cocktail.
Trois nouvelles têtes, trois regards complémentaires
Cette année, The Bartenders Society a choisi d'enrichir son jury, aux côtés de Benoît Guerin et Stephen Martin, avec trois profils radicalement différents, et c'est précisément là que réside l'intelligence du casting.
Jérémy Lauilhé, l'exigence MOF
On ne présente plus Jeremy Lauilhé. Meilleur Ouvrier de France en bar, formateur au CFA sur une classe de CS Bar, jury régulier sur des compétitions, il a vu défiler des dizaines de candidats, et il sait exactement ce qu'il cherche.
Son diagnostic sur le niveau actuel est sans détour : "Ce qui manque le plus souvent, c'est la technique. Le côté propre, le côté laser." Pour lui, la tendance actuelle à la complexification à tout prix se fait souvent au détriment des fondamentaux. Un poste de travail mal tenu, un service qui oublie les codes de base, un storytelling généré à la chaîne plutôt que vécu. Autant de signaux faibles qui ne trompent pas un œil aussi affûté que le sien.
Sa philosophie ? Le less is more. Il cite volontiers l'exemple de sa propre finale du MOF, où il a fait le choix de la lisibilité plutôt que de l'esbroufe : "Si j'annonçais qu'on retrouvait ce produit gustativement, on le retrouvait. Il y avait de la complexité, mais c'était maîtrisé."
Aux candidats, il a un message clair : lisez le sujet. Vraiment. "Le sujet, c'est 80 % du job. Si on a compris ce qu'on attend, on est déjà en avance sur tout le monde." Lui l'a appliqué à la lettre avant sa finale MOF, en travaillant le brief de 15h à 5h du matin. Pas de place pour l'approximation.
Pierre Munier, le champion qui comprend la pression
Une centaine de compétitions au compteur. Champion du monde de cocktails récemment. Pierre Munier arrive dans ce jury avec une légitimité que peu peuvent contester, et une empathie rare pour ce que vivent les candidats.
Il le dit sans ambiguïté : "J'aurais un peu plus de compassion qu'un jury qui n'a pas fait de compétition." Ce n'est pas de la condescendance bienveillante, c'est de l'expérience. Il sait ce que ça fait de casser son verre en finale parce qu'on a perdu le contrôle de ses émotions. Il l'a déjà vécu...
Ce qu'il attend d'un cocktail qui mérite de gagner ? Une forme d'universalité. "Des cocktails au rotovap avec des fermentations, je trouve ça absolument génial, mais tu perds les gens." Un bon cocktail de compétition doit être pointu et accessible, réfléchi et reproductible. Et surtout : il doit raconter quelque chose.
Sur le thème épices, Pierre Munier avoue qu'il s'en serait régalé en tant que candidat : il a d'ailleurs conçu un sirop de falernum maison au lait d'amande torréfié pour le championnat du monde. "Les épices, c'est tellement vaste qu'il y a matière à faire."
Son conseil aux finalistes, sobre et efficace : oubliez qui vous avez en face. "Je suis un barman comme les autres. Il vient goûter vos drinks, c'est tout."
Mélanie Serre, le regard de la cheffe
C'est le choix le plus audacieux du casting. Mélanie Serre est cheffe, pas barmaid. Son restaurant sur le Cap Ferret, ouvert il y a trois ans avec son mari, est l'un des endroits où la frontière entre cuisine et cocktail se brouille délibérément, et c'est précisément pour ça qu'elle est là.
Elle ne jugera pas sur la technique, elle le dit sans complexe. Elle jugera sur le palais, sur l'émotion, sur la capacité d'un verre à s'associer à un plat. "Mon but, c'est vraiment d'être à la place du client." Une perspective précieuse dans un jury.
Ses épices de prédilection ? Les poivres, les piments, le piment d'Espelette, le sumac iranien, les condiments japonisants : une palette qui dit tout de la curiosité et de l'ouverture d'esprit avec lesquelles elle abordera les créations des finalistes.
Son conseil aux candidats tient en une phrase : "Faites ça comme si vous cuisiniez pour votre mère, votre sœur, les gens que vous aimez. Tout de suite, on y met plus d'affect et de conviction."
Bordeaux, les épices, et l'exigence du détail
Le choix de Bordeaux n'est pas anodin. La ville est le fief des liqueurs Marie Brizard, et elle bénéficie d'un rapport à la gastronomie et à la culture du goût qui colle parfaitement avec l'esprit de The Bartenders Society.
Le thème épices, lui, fait l'unanimité parmi les jurés. Dangereux, vaste, généreux… et potentiellement piégeux pour qui voudra en faire trop. Jeremy Lauilhé le résume bien : "On peut très vite être dans l'excès. Les épices, ça peut venir déséquilibrer. Il faut trouver le bon équilibre."
Un cocktail de finale, ici, devra être équilibré, lisible, narratif et incarné. Trois jurés ont insisté sur ce mot : lisibilité. Dans un monde où l'on complexifie parfois pour impressionner plus que pour convaincre, le message est limpide.
Cette année, une nouveauté s’invite à la finale : les journalistes et influenceurs présents pourraient eux aussi avoir leur mot à dire… Rendez‑vous le 1ᵉʳ juin pour en savoir plus !
La finale approche. Les candidats sont prévenus.
The Bartenders Society 2026 - Finale France Hexagonale à Bordeaux le 1er Juin 2026.
