Marc Battais “je ne vois pas pour le moment comment on va s’en sortir dans l’événementiel”.

Marc Battais

Le milieu du CHR souffre avec le coronavirus. Les établissements bien sûr. Mais aussi, moins visible, l’événementiel lié au bar. Entretien avec Marc Battais sur les difficultés de l’événementiel dans le monde du bar.

Quelles étaient tes activités avant le confinement ?

Elles sont de trois types : je donne des cours de cocktails pour le grand public auprès d’OOGY WAWA et de l’Atelier des chefs. Ensuite, je fais aussi de la prestation d’événement pour les marques d’alcool. Ça représente 60% de mon activité. Et ma troisième activité est dans la création de carte cocktails, conseil et shooting photo. 

Avec ce qui se passe, certaines de tes activités continuent ?

Je suis complètement à l’arret. J’ai un consulting au mois de septembre pour une marque d’alcool si tout se passe bien. Et un shooting photo dès la fin du confinement. Mais je n’ai que ça en perspective.

Ça représente combien en perte ?

Sur les mois passés, je suis à plus de 50% de perte. Les mois que l’on vient de perdre sont les gros mois avec les salons. J’avais 3 salons de prévus dont Prowein. Et il faut savoir que cet été il n’y aura rien donc on risque de reprendre gentiment à partir de septembre, donc j’ai au minimum 50% de mon chiffre d’affaires qui part en fumée. 

Marc Battais Barman

Au niveau des aides, tu as le droit à quoi ?

J’ai l’avantage de ne pas avoir de charge, car je n’ai ni local, ni employés. Donc là-dessus, ça va. Et j’ai les 1500 euros d’aide que tous les commerces ont. Mais rien d’autre. 

Tu imagines comment la reprise ?

Il va falloir y aller petit à petit. Pour les cours de cocktails par exemple, on était 16 par session. On va diviser par deux pour avoir des périmètres pour chacun. Ensuite, on va accentuer les gestes barrières. 

Mais sur les événements, je ne vois pas comment on va faire quand on a des milliers de personnes sur une soirée. Est-ce que les gens vont venir aussi ? Quand tu vois les gens agglutinés les uns sur les autres à certains événements, moi je ne me vois pas travailler dans ces conditions-là. Tu sers les gens, mais avec l’alcool ils ont tendance à parler plus fort et à postillonner. Donc ça peut être compliqué. 

Certains mettent en place des plexiglas comme pour les caissières… mais je ne me vois pas travailler avec ça qui fait 2 mètres de hauteur. Comment passer les verres ? Pour la verrerie, les gens ont bu dedans, comment on les récupère ? Comment je me lave les mains dans des endroits qui ne sont pas tous équipés en point d’eau ? C’est très très complexe. 

Tu as connu les attentats en 2015, avais-tu été impacté à l’époque ?

Les gens avaient la crainte de sortir. Pendant un mois, on a eu une baisse des événements. Et c’est revenu progressivement. 

Tu vois comment l’après crise pour ta société ?

Je profite du confinement pour faire des formations. J’ai commencé un WSET vins et spiritueux, pour me former au maximum dans les secteurs de la restauration, et pas juste sur le bar. J’avais appris ça sur un groupe Facebook que j’avais droit à des formations, donc je fais des formations en ligne. Dans tout ça, il y a un peu de bon. 

Tu vas sur www.moncompteformation.gouv.fr et tu découvres le montant de crédit que tu as. J’ai déjà fait WSET 1 et 2 en vin et WSET 2 en spiritueux. Je vais passer au niveau pour les vins.

Pour être franc, je ne vois pas pour le moment comment on va s’en sortir dans l’événementiel. Les marques d’alcool n’ont pas de budget. Pas de budget, ça veut dire pas d’événements, et nous, on vit là-dessus.  

Cet été ça ne va pas être possible de prendre des vacances. Je vais prendre tout ce que je trouve comme travail.

Beaucoup de sociétés comme la tienne pourraient mettre la clé sous la porte ?

Oui je pense. On vivait avec les marques. Beaucoup de petits entrepreneurs arrivent en pensant que c’est le pays des merveilles l’événementiel. Ils vont vite déchanter. Je ne sais pas comment on peut s’en sortir. Je suis beaucoup en contact avec Jerome Vallanet, on se parle beaucoup, et on s’oriente vers de la formation en ligne. Mais on s’interroge aussi sur ce que vont devenir les gens que l’on forme vu que tout est fermé en ce moment…  

Pour finir sur une note plus joyeuse, un cocktail confinement à nous conseiller ?

Je reste basique : un bon Daiquiri. Je prends mon plaisir avec ça. Pour le rhum, je m’adapte selon mon humeur, et ensuite je travaille avec un sucre bio blond aromatisé à la fève de tonka ou à la vanille pour donner plus d’arômes. C’est basique et tu te fais bien plaisir !

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