Deuxième en 2025, premier en 2026. Caspar Mönniche, bartender au HELLA à Aarhus, a remporté la finale internationale de The Bartenders Society 2026, organisée pour la première fois à Bordeaux, berceau historique de la maison Marie Brizard depuis 1755. Onzième édition, 17 pays en lice et un thème aussi riche qu’inspirant : les épices.
The Bartenders Society 2026 : retour aux sources à Bordeaux
Le choix de la ville a valeur de symbole. C’est à Bordeaux que Marie Brizard a vu le jour il y a plus de 270 ans, et c’est là que le concours, porté par Marie Brizard, Saint James et Caraïbos, a posé ses valises cette année. Une façon de ramener les meilleurs bartenders du monde au point de départ de l’aventure liquoriste de la maison, aujourd’hui présente dans plus de 100 pays.
Premier concours international de cocktails et de soft cocktails, The Bartenders Society a réuni des finalistes venus de cinq continents, de Taïwan à l’Argentine en passant par le Maroc et l’Australie. La Martinique y concourt sous ses propres couleurs, aux côtés de la France hexagonale.
Le jury, présidé par Matthias Giroud, cofondateur de l’Alchimiste Group et mixologue de renommée internationale, rassemblait des pointures de la scène mondiale : Monica Berg (Tayer + Elementary), Diego Villagrán (Central, Kjolle et Mater Iniciativa au Pérou), Laurence Marot (chairman des 50 Best Bars), le parfumeur Jean-Charles Sommerard, Nathalie Hobe, ambassadrice internationale de Marie Brizard et Aki Wang, Fondateur d’Indulge à Taipei et figure incontournable de la scène cocktail asiatique.

Une épreuve mystère au cœur des liqueurs Marie Brizard
La veille de la finale, lors d’une croisière sur la Garonne, Matthias Giroud et Nathalie Hobe ont dévoilé aux finalistes 17 infusions inédites. Chacune associe une liqueur Marie Brizard à une épice, une par pays représenté, avec par exemple liqueur vanille de Madagascar infusée à la cannelle, liqueur banane infusée à la vanille ou encore liqueur gingembre infusée au cumin. Un véritable tour du monde aromatique.
Le lendemain matin, à La Belle en Folie, la consigne tombe. Chaque candidat doit composer sa propre liqueur à partir d’au moins deux de ces infusions, puis bâtir un cocktail qui rend hommage à son pays ou à ses voyages. Deux heures de préparation, avant de défendre sur scène deux créations : le cocktail de sa finale nationale, dit cocktail local, et celui de l’épreuve mystère. Le jury évaluait le goût, la technique, la présentation et la force du récit.
Un format exigeant, qui invite les bartenders à explorer toute la palette des liqueurs Marie Brizard et à les travailler comme de véritables ingrédients de création.
En parallèle des épreuves, finalistes et public ont profité d’un programme de masterclasses de haute volée, animées par des intervenants de tout premier plan. Nathalie Hobe a proposé un atelier barista autour des sirops de la marque. Jean-Charles Sommerard a exploré les passerelles fascinantes entre analyse olfactive et création de cocktails. Diego Villagrán, figure majeure de la scène internationale, a partagé sa vision du cocktail comme un « plat à boire », inspirée par la biodiversité péruvienne et le dialogue entre gastronomie et mixologie.

Caspar Mönniche, la consécration après 2025
Pour son cocktail local, le Dempsy Punch, Caspar a pris la route de la Soie, ce grand chemin d’échanges où les épices, les idées et les cultures ont circulé pendant des siècles. Chaque escale de son parcours de bartender a laissé une trace dans le verre. De l’Inde, il a retenu la mangue, le yaourt et la cardamome noire. En Iran, il a découvert le safran. Au Kenya, il s’est initié à l’art d’épicer les fruits.
Côté recette : rhum blanc Saint James 40°, liqueur Marie Brizard Apry, jus et pulpe de mangue Caraïbos, gastrique à la cardamome noire, saumure au safran et yaourt nature. Le rhum agricole sert de colonne vertébrale à un voyage où chaque épice est travaillée à sa manière, entre acidité, salinité et rondeur lactée.
Pour l’épreuve mystère, son Sweet Marie part d’une idée de voyageur : faire dialoguer le Danemark avec les saveurs lointaines qui ont nourri l’histoire de Marie Brizard. Les fraises danoises, traduites par une liqueur de fraise infusée à la baie rose, rencontrent une liqueur de banane infusée à la vanille. Un rhum Saint James VSOP, du jus de pomme Caraïbos et du sirop d’érable referment la boucle. Un verre gourmand, où le Nord et les épices du monde trouvent un terrain d’entente.
Le titre est assorti d’un chèque de 3 000 € et d’un voyage au choix à Athènes, Tokyo ou La Nouvelle-Orléans, trois villes phares de la culture cocktail. Pendant les douze prochains mois, Caspar portera aussi les couleurs de The Bartenders Society lors d’événements internationaux dédiés au bar, avant de passer de l’autre côté de la table : il siégera au jury de la prochaine édition.



Eliza Woodman, deuxième : du Mexique à la France
L’Américaine a séduit le jury en transformant ses souvenirs en expériences gustatives. Son cocktail local, Mariscos Madness, revient sur un déjeuner mémorable partagé avec d’autres bartenders à Mexico. Elle y associe les rhums Saint James blancs 40° et 55° à la liqueur de pastèque Marie Brizard, un cordial épicé et des touches de tostada et de salsa macha.
Son cocktail mystère, Ma Mère, est une création intime. Il rend hommage à sa mère disparue, qui rêvait de découvrir la France. Eliza a imaginé pour elle un verre réconfortant : liqueur Marie Brizard vanille infusée à la cannelle, liqueur Poire William infusée à la fève tonka, rhums Saint James Cœur de Chauffe et VSOP, jus de pomme Caraïbos et cordial de pomme acidifié au thym et à la cannelle. Un voyage aussi émotionnel que gustatif.


Fernando Nehuen Closs, troisième et Coup de cœur du public
L’Argentin a marqué les esprits par sa sensibilité et sa réflexion autour du sentiment d’appartenance. Son cocktail local, Como en Casa, part de ce réconfort que l’on vient chercher au bar comme à la maison. Il réunit un lait d’amande épicé, un rhum Saint James infusé à la cardamome et au poivre noir, et la liqueur Marie Brizard Apry.
Son cocktail mystère, Whyenot, puise dans ses souvenirs d’enfance chez sa grand-mère. La liqueur de fraise infusée à la baie rose et la liqueur Jolie Cherry infusée à la fleur d’oranger évoquent le jardin familial, les fruits qu’il y cueillait et les parfums de la maison. Saint James XO, jus de cranberry Caraïbos et cordial au thé jasmin complètent l’ensemble, avec l’ambition de recréer la complexité d’un vin. Un hommage à la France, à l’héritage Marie Brizard et au goût argentin pour l’amertume.
C’est ce même Whyenot, présenté lors de la soirée de gala, qui lui a valu le Prix Coup de cœur du public, décerné par près de 150 professionnels du CHR et de l’industrie.


Benoît Bouillard, sixième et meilleur Français
Côté tricolore, Benoît Bouillard (Monsieur Moutarde, Dijon) signe une très belle performance en se classant sixième, dans le premier tiers du classement international. Déjà lauréat de la finale France hexagonale en 2023, il s’impose de nouveau comme le meilleur bartender français de l’édition.
Les deux recettes qui lui ont offert la victoire en finale France font la part belle à sa Bourgogne. Dans la version avec alcool : liqueur Poire William Marie Brizard infusée à la vanille de Madagascar, rhum Saint James Nectar du Maître de Chai, Fleur de canne Saint James infusé à la cardamome noire, écume fraise-gingembre Caraïbos, Cocchi Americano bianco infusé à la graine de moutarde toastée et verjus de Bourgogne. Sa création sans alcool assemble jus de cranberry Caraïbos infusé au combava, distillat de baie de timut, solution saline au basilic, sirop d’agave et verjus. Il devient ambassadeur de The Bartenders Society France et rejoindra le jury de la prochaine finale hexagonale.



Trois jours à Bordeaux, une aventure humaine
Au-delà de la compétition, The Bartenders Society 2026 a été une véritable aventure humaine. Pendant trois jours à Bordeaux, finalistes et membres du jury ont partagé leurs expériences, échangé conseils et techniques et noué des liens qui dépassent largement les frontières. Une famille du bar où l’entraide compte autant que la performance, et que Caspar Mönniche a rejointe pour la deuxième année consécutive, cette fois pour en repartir avec le titre.
Rendez-vous l’an prochain pour une édition qui s’annonce comme un tournant dans l’histoire du concours.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.
