Longtemps associés à la tradition, au terroir et à des savoir-faire parfois centenaires, les spiritueux français n’ont pourtant rien de figé. À l’occasion du Salon International de l’Agriculture 2026, la Fédération Française des Spiritueux (FFS) dévoile une étude menée auprès de 252 sites de production en 2025. Pourquoi maintenant ? Car la filière est attaquée de toutes parts, (même par celle du vin...). Verdict ? La filière est en pleine révolution agricole. Et elle n’a pas l’intention de lever le pied.

Une filière solidement ancrée… partout

On l’oublie souvent, mais les spiritueux sont présents dans 100 % des départements français, hexagonaux comme ultramarins. Cognac, Armagnac, Calvados, rhum, liqueurs, eaux-de-vie de fruits, anisés, sans oublier la montée en puissance des whiskies, gins et vodkas made in France : la diversité est impressionnante.

Avec 51 indications géographiques et près de 4 millions de tonnes de matières premières agricoles transformées chaque année (raisins, céréales, canne à sucre, fruits, plantes, racines, épices…), la filière joue un rôle comparable à celui du vin ou du sucre. Un poids lourd, donc mais un poids lourd agile.

Côté attractivité, les Maisons accueillent près de 2 millions de visiteurs par an. Les territoires ultramarins dépassent les 850 000 visiteurs, la Normandie attire plus de 270 000 curieux, et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur plus de 130 000. Le spiritourisme n’est plus un concept : c’est une réalité économique.

99 % des sites ont innové

C’est sans doute le chiffre le plus parlant de l’étude : 99 % des sites français ont développé des pratiques innovantes entre 2020 et 2025.

L’innovation produit reste en tête (79 % des sites), avec :

  • des recettes valorisant davantage les productions agricoles locales,
  • le développement de nouvelles expressions,
  • et même des gammes sans alcool.

Mais le vrai tournant se joue ailleurs : dans les champs.

Une révolution agricole (vraiment)

Près de 46 % des sites ont déployé des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement ces cinq dernières années. Surement pas assez d'après nous, mais l'élan est là et mériterait d'être plus valorisé. Agroécologie, formations des agriculteurs partenaires, primes incitatives pour accompagner la transition écologique, développement de variétés plus résistantes à la sécheresse ou aux maladies (mildiou, oïdium…) en collaboration avec des instituts de recherche…

Certaines Maisons vont encore plus loin en utilisant des alcools agricoles issus de légumineuses capables de fixer naturellement l’azote atmosphérique dans les sols. Résultat : moins d’engrais de synthèse, des sols plus vivants, et une approche plus régénératrice.

La biodiversité n’est pas en reste : 43 % des sites ont engagé des actions concrètes comme l’agriculture régénératrice, l’agroforesterie ou encore la végétalisation des sites de production.

On est loin de l’image poussiéreuse d’une industrie immobile.

Une agriculture nouvelle génération

Dans un contexte international tendu, la filière mise sur le collectif : producteurs de spiritueux et agriculteurs travaillent main dans la main. L’objectif ? Bâtir une agriculture d’excellence durable, capable de conjuguer performance économique, préservation des ressources et ancrage territorial.

La France reste d’ailleurs le premier producteur de spiritueux de l’Union européenne, avec près de 700 millions de litres produits chaque année et quelque 250 entreprises, dont 95 % de TPE-PME.

Une filière qui pèse lourd, mais qui avance léger.

Rendez-vous au SIA 2026

Pour ceux qui souhaitent voir cette révolution de plus près, la Fédération Française des Spiritueux donne rendez-vous au Salon International de l’Agriculture 2026 (Hall 4 – stand A-073), du 21 février au 1er mars à Paris Expo Porte de Versailles.

Au programme : rencontres avec les producteurs, retours d’expérience, projets innovants et démonstration que, derrière chaque verre, il y a aujourd’hui une réflexion agricole, environnementale et territoriale beaucoup plus poussée qu’on ne l’imagine.

Le spiritueux français ne se contente plus de raconter son terroir. Il le réinvente.

L'infographie qui résume l'étude

Author

Fondateur de ForGeorges - plus de 1 000 bars testés à travers le monde - prend autant de plaisir à tester un nouveau bar, que déguster un spiritueux ou un verre de vin en bonne compagnie ! Spécialiste de la loi Évin et dénicheur de bonnes idées et innovations pour les marques d'alcool ! Son cocktail préféré ? Tous à partir du moment où ils font passer un bon moment (mais ne crache jamais sur un old fashioned bien réalisé ! ). Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...) Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...)

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