Dans le petit monde des spiritueux, il y a des annonces qui résonnent comme un “enfin”. Et celle-ci, on l’avoue, on l’attendait depuis longtemps. Depuis qu’on avait écrit que la consigne et le vrac dans les spiritueux allaient devenir une vraie tendance. Oui, cet article-là, publié sur ForGeorges : https://www.forgeorges.fr/spiritueux-le-vrac-et-la-consigne-nouvelle-tendance/. À l’époque, certains nous regardaient comme si on avait proposé de servir du rhum dans des gourdes de randonnée. Aujourd’hui, plus personne ne rigole.
Car voilà, c’est officiel : Ricard, Get 27 et Picon vont se lancer dans la consigne pour réemploi dès début 2026. Les monuments du rayon apéritif préparent leurs bouteilles pour un retour à la case lavage. Et ce n’est pas tout…
Une filière longtemps frileuse… qui finit par plonger
Jusqu’ici, on ne peut pas dire que le secteur des spiritueux se bousculait au portillon de la consigne.
La seule marque qui s’était jetée à l’eau, façon pionnier solitaire, c’était William Peel, dès 2021, avec Loop.
Depuis ? Silence radio.
Mais 2024 a vu naître un truc assez rare pour être souligné : une coalition. Sept acteurs qui se mettent d’accord dans un même document :
• Cordier
• Bacardi-Martini France
• Pernod Ricard France
• Marie Brizard Wine & Spirits
• Campari
• Giffard
• Rémy Cointreau
Le tout piloté par Circul’R et Eco in Pack, avec l’aimable soutien (et surtout les sous) de Citéo et Adelphe.
L’idée ? Tester, ensemble, la consigne à grande échelle et arrêter de regarder le réemploi comme une légende urbaine de salon Produrable.
2026 : Ricard, Get 27, Picon… et quatre autres marques entrent dans la boucle
Pour ce premier test grandeur nature, six nouvelles marques vont rejoindre la danse, en plus des vins Café de Paris déjà engagés :
• Ricard – 1 L
• Get 27 – 1 L
• Picon – 1 L
• Cointreau – 70 cl
• Menthe-Pastille – 70 cl
• Giffard Fleur de Sureau – 50 cl
Côté vins, Café de Paris (brut et demi-sec) continue l’aventure débutée cette année.
Le tout sera disponible dans plus de 350 points de vente Carrefour et Monoprix, déjà équipés pour accueillir les références Loop.
Comment ça marche ? (La version simple, sans tableau Excel)
1. Le client achète une bouteille, reconnaissable avec une étiquette particulière, avec une consigne de 0,50 €.
2. Il la ramène en magasin .
3. Loop rembourse la consigne au client.
4. Loop refacture la consigne à l’industriel.
5. Les bouteilles partent chez Eco in Pack, à Cognac, pour un lavage propreté-immaculée.
6. Elles reviennent chez les fabricants et repartent pour une nouvelle vie.
Tout ça, partiellement financé par Citéo et Adelphe, histoire d’huiler les rouages et de montrer que la filière spiritueux peut, elle aussi, se mettre en ordre de marche.
Pourquoi c’est un tournant majeur
Parce qu’on ne parle pas de petites marques confidentielles. On parle de Ricard, probablement la bouteille la plus identifiée par les Français ! Si Ricard passe à la consigne, c’est que la filière ne peut plus faire semblant de ne pas voir la vague du réemploi arriver.
Et surtout : cela confirme ce que nous écrivions il y a des années sur ForGeorges : le réemploi dans les spiritueux n’était pas une utopie… mais une échéance.
Ce qu’on peut attendre de la suite
Si le test fonctionne, on pourra enfin imaginer un rayon alcool qui ne ressemble plus à un festival de verre jeté une seule fois.
Les marques y trouveront :
• une réduction de leur empreinte carbone,
• une meilleure image auprès du public,
• et potentiellement, un modèle économique plus vertueux.
Mais surtout, la consigne redevient normale, pas marginale. Et ça, on ne va pas se mentir : on attendait ce moment depuis longtemps !
