Vainqueur de la finale hexagonale 2025 de The Bartenders Society, Benoît Guérin incarne une génération de bartenders où l’exigence technique se conjugue avec l’envie de transmettre et de partager. Si la finale internationale en Martinique ne lui a pas offert la consécration mondiale, l’aventure a marqué une étape essentielle de son parcours, entre reconnaissance professionnelle, découvertes humaines et réflexion sur l’avenir.
Une victoire nationale synonyme de reconnaissance
Fin Avril, Benoît a décroché le titre de champion français lors de la finale hexagonale. Un accomplissement personnel qu’il savoure encore : « Au niveau personnel, c’est une fierté d’avoir réussi à remporter le titre France, mais aussi à me qualifier deux années consécutives en finale internationale de The Bartenders Society ! »
Son sacre a immédiatement rejailli sur son environnement professionnel. Dans le réseau des bartenders comme dans son cercle local, les félicitations se sont multipliées. « Tous les retours des gens que je connais dans le réseau barman m’ont touché. Et puis au niveau local, ça a boosté la réputation du bar, le Santeuil Café à Nantes. Certains clients viennent parce qu’ils ont entendu parler de la victoire. »
Ce regain de visibilité devrait s’amplifier avec ses futures missions d’ambassadeur de The Bartenders Society en France : « Je sais que j’ai déjà des choses prévues à partir de cet automne. J’ai hâte de commencer. »
Une finale mondiale de très haut niveau
En Juillet, Benoît était en Martinique pour représenter la France lors de la grande finale internationale The Bartenders Society. Une épreuve qu’il a abordé avec enthousiasme, mais aussi beaucoup de pression :
« Mentalement, je voulais rester sur les mêmes bases, mais je me suis mis beaucoup trop de pression. Je ne sais pas pourquoi, j’avais une telle envie de réussir ce concours-là que j’ai accumulé du stress. »
Malheureusement, un mois de juin particulièrement chargé dans son établissement, ainsi que des obligations personnelles ont compliqué la donne : « Je m’étais dit que j’allais garder mon dernier mois pour m’entraîner encore plus, revoir mon discours… mais ça n’a pas été possible. Mon planning de préparation s’est trouvé très chamboulé. »
Ce stress a pesé sur sa prestation, malgré une base solide : « Techniquement, ça allait. Mais je me suis emmêlé dans mon discours, et ça m’a coûté cher devant le jury. »

Des cocktails inspirés par la mémoire et la transmission
Lors du concours, Benoît a présenté deux créations, l’une avec alcool, l’autre sans. La première, baptisée Confluence, marquait les dix ans de son premier concours :
« J’ai voulu rassembler des ingrédients que j’avais utilisés il y a dix ans et ceux de l’an dernier, autour d’une inspiration de gâteau nantais pour rappeler mes origines. »
Rhum Saint James VSOP infusé au beurre salé, liqueurs Marie Brizard à l’abricot et à la mandarine, rinçage à l’anisette Marie Brizard, bitter Saint James et infusion maison au mujicha parfumé à la fève tonka et au pin sylvestre : une recette technique et gourmande, qui reflète son identité.
Le sans alcool, nommé Transcendance, reprenait le fil rouge de la transmission, thème déjà cher à Benoît. Inspiré de son rôle de formateur d’apprentis, il a intégré des produits locaux martiniquais découverts lors d’une masterclass : sirop de bois d’Inde et gingembre, jus de fleurs d’atumaux pétillant, jus de litchi Caraïbos infusé au thé noir à la bergamote. « J’étais content d’avoir réussi à rester dans le même esprit, tout en ajoutant des touches locales. »
Des rencontres et des instants inoubliables
Au-delà de la compétition, l’expérience martiniquaise The Bartenders Society a laissé des souvenirs indélébiles pour Benoît : « J’ai vraiment bien échangé avec le candidat canadien et le candidat belge. Ce sont des moments forts, et je suis toujours en contact avec eux. »
Il évoque aussi un instant privilégié avec Marc Sassier, œnologue et figure incontournable du rhum Saint James : « Il nous a fait déguster un Saint James 1974 dans la cave privée de la distillerie. C’était un moment incroyable ! »
Plus insolite, un souvenir aquatique l’a marqué : « J’ai nagé au milieu d’un banc de poissons. Tu as l’habitude de voir ça à la télé, mais le vivre en vrai, c’est vraiment une expérience incroyable ».
La transmission comme fil conducteur
La transmission, au cœur de ses créations, est aussi une réalité quotidienne. Père de famille et responsable de la formation des apprentis dans son établissement, Benoît voit dans cet aspect une dimension essentielle de son métier :
« C’est primordial. C’est une responsabilité, mais aussi un plaisir, parce que j’ai toujours aimé transmettre. »
Il accueille d’ailleurs un nouvel apprenti cette année. « La transmission fait partie intégrante de notre vie professionnelle. C’est partie prenante au quotidien. »
Projets et perspectives
Côté concours, Benoît se laisse le temps : « Peut-être que je reviendrai, peut-être pas. Il faut aussi laisser la place aux jeunes. »
Professionnellement, il nourrit un projet de longue date : « J’aimerais monter une entreprise qui lie le monde du bar et l’agriculture, en créant des produits spécifiques pour les bartenders, depuis la base. Épices, plantes, liqueurs, produits transformés… c’est une idée qui me trotte dans la tête depuis longtemps. »
Un conseil aux futurs candidats
Aux bartenders tentés par l’édition 2026, son message est sans appel :
« Préparez-vous. Entraînement difficile, guerre facile. Plus tu es prêt, plus tu arrives à gérer ton stress et à prendre du plaisir sur scène. »
Car au-delà de la technique, c’est la personnalité qui doit transparaître : « Quand tu es stressé, tu n’arrives pas à dévoiler qui tu es. Or, le jury attend de découvrir ta singularité. »
Avec son humilité et sa volonté constante de transmettre, Benoît Guérin s’impose comme une figure attachante du bartending français. Plus qu’un titre, son parcours au sein de The Bartenders Society illustre une conviction : derrière chaque cocktail, il y a une histoire, et derrière chaque histoire, un partage.


Bonjour mon neveu je vois que tu as plein de projets je te souhaite d’avancer et de belles aventures t’attendent, bisous