Le nouveau Highland Park 17 ans ouvre le deuxième chapitre de la série Between You and I. Après le chef suédois Björn Frantzén, la distillerie des Orcades confie l'exercice à Laila Gohar, artiste new-yorkaise d'origine égyptienne qui travaille la nourriture comme d'autres travaillent la sculpture. Avec, à la clé, un parti pris assez rare dans le whisky : supprimer les notes de dégustation.
Un Highland Park 17 ans pensé pour une seule personne
Le principe de la série tient en une phrase : fabriquer un whisky pour quelqu'un, puis le partager avec tout le monde. Marc Watson, responsable de l'élaboration des whiskies chez Highland Park, explique avoir puisé dans les réserves de la distillerie pour composer un profil qui évoque l'Égypte natale de Laila Gohar, sans renier la signature maison.
Concrètement, le Highland Park 17 ans a été vieilli en partie en fûts neufs de chêne américain. La marque annonce de la fleur d'oranger, des épices chaudes et du cuir, posés sur la fumée de tourbe aromatique et la rondeur sucrée qui caractérisent la distillerie. La composition exacte du reste du vieillissement n'est pas précisée.
Côté chiffres : 47,5 % vol., bouteille de 70 cl. Selon la marque, Laila Gohar a été la première personne extérieure à la distillerie à goûter le liquide.
Des récits à la place des notes de dégustation
C'est le vrai sujet de cette sortie. Le coffret, habillé des œuvres surréalistes de l'artiste, contient un livret qui remplace la traditionnelle fiche de dégustation par de courtes vignettes littéraires.
Laila Gohar y raconte ce que le whisky lui a évoqué : ses premières années en Égypte, les pentes d'un volcan, une cour intérieure andalouse. Elle décrit son travail comme une manière de détourner des objets et des saveurs familiers pour provoquer la curiosité, et dit avoir retrouvé cette logique dans le liquide conçu pour elle.
Le pari est intéressant. Le vocabulaire de la dégustation (fruits secs, tourbe iodée, finale longue) s'est tellement standardisé qu'il finit par se ressembler d'une étiquette à l'autre. Le remplacer par de la fiction, c'est parler à un public qui ne lit pas les fiches techniques. C'est aussi priver cavistes et barmans d'un repère commode pour conseiller le client. Reste à voir si le récit tient face à un verre.

Highland Park cherche un nouveau public
Cette collaboration s'inscrit dans une séquence cohérente. Depuis 2024, la marque du groupe Edrington a refondu son identité visuelle autour de son ancrage aux Orcades. En octobre 2025, le premier volet de Between You and I associait la distillerie à Björn Frantzén, chef triplement étoilé. En janvier 2026, elle sortait Cask Strength Heather, un single malt dont l'orge est séchée exclusivement avec une tourbe orcadienne riche en bruyère.
Le fil rouge : sortir le whisky du cercle des amateurs de fûts et d'âges pour l'installer dans l'univers de la gastronomie, du design et de l'art de vivre. Laila Gohar, très suivie dans ces milieux, apporte exactement ce public-là.
Il y a d'ailleurs un paradoxe amusant. D'un côté, Highland Park martèle son terroir insulaire, sa bruyère et sa tourbe locale. De l'autre, elle signe un 17 ans censé évoquer l'Égypte et l'Andalousie. La marque assume : le concept même de la série repose sur le dialogue entre la distillerie et un regard extérieur.
Prix et disponibilité : le Royaume-Uni d'abord
Highland Park 17 ans Between You and I by Laila Gohar est disponible au Royaume-Uni chez des cavistes spécialisés, dont The Whisky Shop, Selfridges, Master of Malt et The Whisky Exchange, au prix conseillé de 112 livres sterling (environ 130 euros).
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