Hard Seltzer : l’eau pétillante alcoolisée peut-elle percer en France ?

Hard Seltzers en France

On vit une époque formidable (ou presque). En plus d’un choix extraordinaire d’alcools à disposition, on peut trouver des “équivalents” de spiritueux sans alcool, des bières sans alcool. Et même aujourd’hui, de l’eau pétillante alcoolisée appelée “Hard Seltzer” ! Penchons-nous sur un sujet qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Un Hard Seltzer c’est quoi ?

Pour faire simple, un hard Seltzer est une eau gazeuse alcoolisée (et aromatisée) qui titre autour de 5 % alc vol. Le succès de cette boisson est immense aux  États-Unis : les Américains en raffolent et elle remplace déjà les bières et autres alcools trop sucrés ou trop forts. Un marché en progression de 193 % en 2019, et qui a déjà dépassé les 2 Milliards de dollars de chiffre d’affaires. 

Un marché qui surfe sur le bien être et la santé

Mais qui a envie de boire de l’eau gazeuse alcoolisée ? Tous ceux qui pensent que l’alcool est mauvais pour leur santé. Et ils sont de plus en plus nombreux, surtout dans la jeune génération (18-25 ans). Toutes les marques répertoriées surfent sur ce côté  “healthy, mais qui permet de ne pas renoncer à une bonne cuite avec les potes ! “. La cuite soit disant bonne pour la santé, il fallait y penser. 

Aux États-Unis, les leaders du marché s’appellent “White Claw” et “Truly”, des marques encore méconnues en France, mais dont les envies de grandeur les poussent à investir sur le vieux continent. Ce juteux marché intéresse également d’autres poids lourds du secteur des alcools traditionnels : Corona a lancé sa marque, ainsi que Anheuser-Busch (à qui Bud appartient). 

Mais des outsiders tentent de se faire remarquer sur le marché français.

Il est déjà possible de trouver trois marques françaises sur le marché des Hard Seltzers : Natz, FEFE, et OPEAN (non testée pour la dernière).
Chacun mettant en avant son faible taux de sucre, mais aussi de calories (même si certains usent de stratagèmes pour indiquer un taux de kcal aux 100 ml plutôt sur la contenance de la canette afin de faire baisser les chiffres…).

Au pays du goût, est-ce possible de percer avec un Hard Seltzer ?

Car c’est bien beau les chiffres dans les autres pays. Mais combien de marques se sont déjà cassées les dents à vouloir faire adopter quelques choses qui cartonnaient à l’étranger, sur un marché peuplé d’irréductibles Gaulois ? 

Il est temps de passer à la dégustation, et c’est là où ça se complique pour les Hard Seltzer. On a tout essayé, de déguster frais, froid, à température ambiante. Et bien… ça reste de l’eau aromatisée !

OK vous allez nous dire que c’est de l’eau pétillante, et que même alcoolisée on ne peut pas s’attendre à avoir une émotion digne d’un grand cru Bourguignon ? Nous avons fait tester à des personnes au palais moins affûté, et même constat. On s’attendait à une déferlante de saveurs, ou un travail sur les bulles comme cela a été beaucoup fait récemment sur les tonics. Que ça éclate en bouche, ou à l’inverse qu’on ait à faire à des bulles fines et délicates. Et malheureusement, on reste sur notre faim… 

Et d’ailleurs est-ce réellement moins calorique ?

C’est vrai qu’on s’était fait un peu avoir par les grandes phrases qui entourent ces produits. Finalement les Hard Spritzers restent… de l’eau gazeuse. “Quand tu manges tes galettes de riz, tu ne t’attends pas à retrouver l’émotion d’un cassoulet ?” Ok, mais alors est-ce que les hard Seltzers sont réellement sains comme produits ?
Pour se donner une idée, un gin tonic contient environ 140 kcal (avec un tonic normal, non light). Une bière blonde 130 kCal pour 25 cl. On tombe même sous la barre des 100 kcal pour les bières blondes très légères type Carlsberg.

Mais c’est sur le taux de sucre que ces boissons tirent leur épingle du jeu. Entre 0 g pour Natz et 2 g pour FEFE.

Au final, on boit des Hard Seltzer ?

On salue la prise de risque des entreprises françaises qui se lancent dans cette aventure avec beaucoup de sérieux. FEFE, avec l’équipe du Syndicat derrière ce produit (où il est possible d’ailleurs de le déguster). Mais aussi avec l’intervention de Jean Niel parfumeur et aromaticien à Grasse. 

Toute l’expertise du Syndicat est mise en oeuvre pour valoriser FEFE en cocktails autour du savoir-faire français dont le FEFE x Armagnac (35 ml d’Armagnac, 15 ml de Macvin du Jura, top avec FEFE Expérimental, garnish de citron vert. )

Ou Natz qui propose deux goûts originaux (infusion citron & infusion thé noir), et joue à fond la carte de l’écologie avec la possibilité de renvoyer les capsules dans une enveloppe préaffranchie. On félicite l’engagement écologique de l’entreprise. 

Question prix ? Prix de vente à 3,5 euros la bouteille pour Natz, et 2,5 euros pour FEFE. Testez et faites-vous votre avis. Car c’est clairement un nouveau mode de consommation que ces produits proposent, totalement déroutant pour la plupart des lecteurs de ForGeorges, habitués à des produits ou cocktails de caractères.

Début de polémiques ?

Les Hard Seltzers n’ont pas fini de faire couler beaucoup d’encres dans les mois qui viennent… D’ailleurs, il ne serait pas étonnant que la législation s’en mêle dans les prochains mois comme cela avait pu être le cas avec les prémixers. Des voix s’élèvent déjà contre ce qu’ils appellent “les boissons qui servent à alcooliser les jeunes“…

Dans un pays où l’on ne vient pas concurrencer le vin et la bière comme ça, est-ce que les hard Seltzers réussiront à s’imposer ? Si oui, au détriment de quels secteurs ?

En vaut pour preuve le sondage sur notre page Instagram. La bataille sera rude entre pourfendeurs de l’innovation qui veulent y croire. Et plus septiques qui ne pensent pas que ce produit puisse avoir sa chance en France…. 

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