Une bouteille reconnaissable entre toutes, coiffée d’un jockey sur son cheval. Une belle histoire autour se sa création. Un prix de vente pouvant dépasser 1800 euros la bouteille de 70 cl, et des allocations toujours en rupture de stock. Bienvenue chez Blanton’s, symbole du bourbon haut de gamme qui s’arrache comme des petits pains ! Mais sans se prendre trop au sérieux pour autant !

Le colonel Blanton et le Single Barrel

Se plonger dans l’histoire de Blanton’s, c’est forcément croiser celle de Buffalo Trace (à qui la marque Blanton’s appartient toujours). En 1921, le Colonel Albert Bacon Blanton devient responsable de la distillerie Buffalo Trace. Pour ceux qui connaissent l’histoire des États-Unis, vous n’aurez pas manqué de remarquer que cela s’est passé en plein pendant la prohibition où toute vente d’alcool était interdite. Pas exactement puisque 6 distilleries ont eu le droit de continuer de produire de l’alcool à usage médical. Buffalo Trace fut l’une de ces distilleries. En 1933, quand la prohibition fut abrogée, les distilleries s’attendirent à une forte demande en Bourbon. Le colonel Blanton accéléra la production, mais fit face à un manque d’espace pour stocker les fûts. . 

Au lieu de prendre le risque de se faire griller des parts de marché par ses concurrents, il décida de faire construire un chai en acier, plus rapide à être opérationnel. Son nom : entrepôt H. Mais ce qui ne devait être qu’un gain de temps s’est révélé un incroyable allié pour le vieillissement des fûts. Le colonel Blanton découvrit que les parois métalliques faisaient vieillir différemment le bourbon à l’intérieur. Avec des changements de températures plus rapides.  

1984 : naissance de la marque Blanton’s !

Il aura fallu attendre quasiment 30 ans après la mort du colonel Blanton pour qu’une marque porte son nom. On le doit au master distiller Elmer T. Lee qui fut chargé peu avant de partir en retraite, de créer un bourbon d’une qualité exceptionnelle. Il décida d’exploiter des fûts de ce fameux entrepôt H, dont le colonel Blanton faisait déjà usage quand il recevait des dignitaires à la distillerie. Et de les exploiter fût par fût. « Blanton’s Single Barrel » était né, révolutionnant au passage la catégorie du bourbon en commercialisant des bouteilles issues d’un seul et unique fût ! 

Entrepôt H dédié à Blanton's Bourbon

2021 : dégustation de single Barrel #453

Pour tester ce nouveau single Barrel, le numéro #453, nous avions rendez-vous en visioconférence avec Aaron Lawrence, brand Ambassadeur de la marque en direct du Kentucky.
Avant de commencer, on lui fait remarquer qu’en 2021, tout le monde surfe sur la mode du single Barrel (rhum, whisky etc). « Aujourd’hui, nous sommes en plein âge d’or du bourbon ! Mais ce ne fut pas toujours le cas, d’autant plus que nous avons été les premiers à faire du Single Barrel. Le fait que des marques se mettent à en faire nous aide d’une certaine manière à faire comprendre ce que signifie single Barrel ! » nous précise Aaron.

Impossible de ne pas parler également de la réputation du bourbon en France, où beaucoup le considère encore comme un produit plus bas de gamme comparé au whisky écossais. Aaron nous sort une anecdote qui pourrait faire tomber de leur chaise les puristes de la catégorie : « Je ne vais pas vraiment répondre à la question, mais au Kentucky, nous avons une vision du whisky un peu différente. J’ai une anecdote d’Elmer T. Lee qui aimait les excellents whiskeys et le 7up. Tout le monde lui demandait pourquoi il mixait les deux. Il répondait :  c’est très simple si vous mettez votre meilleur whisky dans votre 7up, vous avez le meilleur whiskey 7Up possible. (rires)
À la fin de la journée, la seule bonne façon de boire du whisky est la façon dont vous aimez le boire. Le bourbon est fait pour être partagé , et il n’y a jamais de mauvaise façon de boire du bourbon, tant que ça met un sourire sur votre visage !  » 

Elmer T Lee

Un usage décomplexé du bourbon qui peut paraître en contradiction avec le prix des bourbons Blanton’s qui se place dans le premium, voir même dans l’ultra premium. Comment Blanton’s fait pour vendre ses bourbons aussi cher sans mentionner d’âge sur les bouteilles ? 

« C’est quelque chose d’assez unique à notre marque : nous devons nous assurer seulement de sortir des bouteilles qui à chaque fois soient excellentes. Nous préférons faire parler le whisky lui-même plutôt que des âges sur des étiquettes. Surtout qu’aux États-Unis le cas du Bourbon est assez particulier : l’âge ne garantit pas forcément la qualité. On souhaite vraiment donner le plus d’amplitude possible à notre master distiller pour créer. Parfois, ajouter plus de temps pourrait juste ruiner la qualité d’un fût. 

Mais pour être sûrs que le fût est prêt, nous avons un panel de test qui déguste avant chaque commercialisation. Le panel est composé d’employés, femmes et hommes de la distillerie, nous permettant d’avoir une grande diversité de dégustation. Il n’y a aucune pression pour sortir un nombre de fûts par an. Ça sort quand c’est prêt et c’est tout. « 

Du coup ça nous a donné envie de parler chiffres. Combien de bouteilles sortent par an de la distillerie ?
« C’est un secret, mais je peux dire que nous sortons actuellement plus de bouteilles que jamais auparavant« .


Pour ce nouvel Single Barrel, Blanton’s plonge dans l’originalité. Remarquablement équilibrée, cette version restitue parfaitement le caractère à la fois frais et capiteux de Blanton’s. Le caractère céréalier du nez avec des notes de menthe, laisse place à une bouche qui n’hésite pas prendre la direction de l’Orient pour mieux mettre en valeur son originalité (note de rose, gingembre).

Comment Blanton’s fait pour obtenir des produits avec des notes distinctives d’un fût à l’autre ?

« Les fûts de notre distillerie sont comme des frères et soeurs. Ils vieillissent côte à côte dans le même univers. Et parfois au milieu de tout cela, vous avez Michael Jordan ! Mais tout le monde ne peut pas devenir Michael Jordan (rires). »

Pour déguster, Aaron nous enseigne son astuce. La technique du Kentucky en 3 gorgées :

  • Le « Kentucky hug » : ça vous fait vous sentir bien.
  • Le « Kentucky chew » : vous commencez à sentir quelque chose
  • Le « kentucky sweater » : qui vous réchauffe quand vous avez froid

Après ces trois gorgées qui nous réchauffe en effet (55 % alc) , nous avons envie de savoir le secret de Blanton’s pour créer des bourbons exceptionnels ?

« Tout commence avec le maïs que nous utilisons qui non OGM, et sourcé aussi localement que possible. Le bois que nous utilisons pour nos fûts est sourcer de façon écoresponsable du Kentucky et du Missouri et brûlé au niveau 4 pour obtenir la meilleure caramélisation. Et Blanton’s est uniquement mis en vieillissement dans un seul chai : le chai H. C’est dans ce chai qu’une grande partie du secret de Blanton’s se produit. »  

États-Unis, Straight Bourbon – 55 %, 70 cl – 135 € Single Barrel #453
Edition limitée à 231 bouteilles
Une exclusivité LMDW

Blanton's bouchon
Author

Fondateur de ForGeorges - plus de 1 000 bars testés à travers le monde - prend autant de plaisir à tester un nouveau bar, que déguster un spiritueux ou un verre de vin en bonne compagnie ! Spécialiste de la loi Évin et dénicheur de bonnes idées et innovations pour les marques d'alcool ! Son cocktail préféré ? Tous à partir du moment où ils font passer un bon moment (mais ne crache jamais sur un old fashioned bien réalisé ! ). Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...) Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...)

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