Rémy Cointreau a publié ce 28 octobre les ventes du premier semestre de son exercice 2026-27 (avril à septembre 2026) : 510,9 millions d’euros, en hausse de 2,9 % en organique. Le cognac tire le groupe vers le haut grâce à la Chine, pendant que la division Liqueurs & Spiritueux, celle de Cointreau, encaisse un déstockage aux États-Unis. La direction confirme ses objectifs annuels.
En données publiées, la hausse atteint 4,4 %, avec un coup de pouce des devises de 1,5 point. Le renminbi s’est apprécié, le dollar pèse encore un peu. Surtout, le deuxième trimestre accélère (+4,2 % en organique), ce qui permet au groupe de parler d’une trajectoire conforme à ses attentes pour l’année.
Cognac : la Chine remet du carburant
La division cognac, celle de Rémy Martin et Louis XIII, pèse 338,7 millions d’euros sur le semestre, en hausse de 10,3 % en organique. Sur le seul deuxième trimestre, la progression grimpe à 12,4 %.
Le moteur s’appelle Asie-Pacifique. Le groupe cite une accélération des expéditions vers la Chine au T2, calquée sur la fête de la mi-automne, période de cadeaux où le cognac haut de gamme a toujours sa place sur la table. L’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique accélèrent aussi.
Côté Amériques, les ventes reculent, face à une base de comparaison élevée aux États-Unis. Rémy Cointreau met en avant ses depletions, c’est-à-dire les volumes que les grossistes revendent aux détaillants. Elles s’améliorent d’un trimestre à l’autre. En clair : moins de stock poussé dans les tuyaux, mais une demande finale qui se stabilise. Pour une catégorie qui sort de deux exercices difficiles entre essoufflement américain et tensions commerciales avec Pékin, le signal compte.
Liqueurs & Spiritueux : un trou d’air américain
L’autre moitié du portefeuille (Cointreau, The Botanist, Mount Gay, Bruichladdich, Metaxa) recule de 7,0 % en organique, à 169,7 millions d’euros. Le deuxième trimestre ne redresse pas la barre : -7,4 %.
L’explication avancée tient en un mot : déstockage. Des changements de distribution aux États-Unis poussent les intermédiaires à réduire leurs stocks. Le groupe souligne pourtant que les depletions restent en solide croissance. Les bouteilles continuent donc de sortir vers les bars et les cavistes, le creux se situe surtout dans la chaîne de distribution. Le communiqué ne détaille pas les chiffres marque par marque.
En Europe, le tableau reste contrasté. Le Royaume-Uni retrouve la croissance, mais le reste du continent continue de peser.
Dernier poste, anecdotique en volume : les marques partenaires distribuées par le groupe tombent à 2,5 millions d’euros, contre 6,7 millions un an plus tôt.
Le tour du monde en trois chiffres
- Asie-Pacifique : +14,3 %. La Chine accélère au T2 et le reste de l’Asie garde une bonne dynamique.
- Europe, Moyen-Orient, Afrique : -2,2 %. L’Afrique progresse nettement, le Royaume-Uni s’améliore, le reste de l’Europe reste en demi-teinte côté consommation.
- Amériques : -5,5 %. Effet combiné d’une base de comparaison élevée pour le cognac et du déstockage sur les liqueurs. La demande sous-jacente est quasi stable sur le semestre.
Les chiffres du semestre
Chiffre d’affaires par division, avril à septembre 2026.
| Division | S1 2026-27 (M€) | S1 2025-26 (M€) | Variation publiée | Variation organique |
|---|---|---|---|---|
| Cognac | 338,7 | 300,2 | +12,8 % | +10,3 % |
| Liqueurs & Spiritueux | 169,7 | 182,7 | -7,1 % | -7,0 % |
| Marques du groupe | 508,4 | 482,9 | +5,3 % | +3,8 % |
| Marques partenaires | 2,5 | 6,7 | -62,6 % | -62,5 % |
| Total | 510,9 | 489,6 | +4,4 % | +2,9 % |
Source : communiqué Rémy Cointreau du 28 octobre 2026.
Ce qu’il faut en retenir
Le groupe confirme ses objectifs 2026-27 et voit dans l’accélération du T2 la preuve que l’année suit le plan. Deux lectures pour le comptoir. D’abord, le cognac retrouve de l’air en Asie (pour combine de temps ?), après une longue période de doute pour toute la filière charentaise. Ensuite, le recul des liqueurs aux États-Unis relève-t-il seulement d’un réglage de stocks que d’un désamour ? Tout cela sera à suivre sur les prochains semestres.
Reste à voir si l’Europe, marché de cœur de Cointreau, sortira de sa torpeur d’ici la clôture de l’exercice fin mars.
L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
