Les fêtes de fin d’année sont un moment privilégié pour se faire plaisir avec l’achat de bouteilles d’alcools. C’est également un moyen de faire plaisir en offrant une bouteille dans l’espoir que celle-ci soit appréciée. Depuis plusieurs années, et tout particulièrement celle-ci, nous avons reçu pas mal de messages pour nous demander quel prix mettre, et comment être sûr d’acheter une bonne bouteille. Question délicate à laquelle Georges va tenter de vous répondre.

Une bonne bouteille c’est quoi ?

En fonction de nos interlocuteurs, on s’est rendu compte que la définition d’une « bonne bouteille » pouvait très largement variée. Pour certains, une bonne bouteille se mesure à sa valeur purement pécuniaire. Voir même pour son potentiel de revente dans quelques années (on vous dirait bien que c’est mal car ça favorise la spéculation dans les spiritueux, mais tout le monde a droit de faire ce que bon lui semble… et de toute façon, les producteurs d’alcool l’ont déjà bien incorporé dans leurs stratégies).

Pour d’autres, la bonne bouteille sera synonyme de plaisir. Une bonne bouteille, ça sera celle qui plaira par rapport à ses goûts, mais en essayant d’aller un peu plus loin, de chercher quelque chose qui plait à ses goûts ou qui reflète un certain savoir-faire.

L’art de ne pas se faire pigeonner

Car trouver la « bonne bouteille », que ce soit au niveau du prix, qu’au niveau gustatif peut relever d’un véritable parcours du combattant. Georges a cette chance de se former et de déguster des centaines d’échantillons par an. Mais plus que le nombre, c’est le spectre qui est intéressant et qui lui a permis de mieux savoir ce qu’il aimait, de ce qu’il n’aimait pas. Il n’y a pas si longtemps, il vous aurait dit de foncer chez votre caviste, les yeux fermés.

Hors depuis quelque temps, on voit certains cavistes (pas tous, et pas la majorité heureusement…) postés des choses incroyables sur des groupes Facebook dédiés aux spiritueux. Les voir recommander des « rhums » qui ne sont en fait que des boissons spiritueuses bourrées de sucre, et hors de prix. Ou de vouloir absolument pousser leurs goûts personnels (et les bouteilles où ils font la plus grosse marge…). Bref, avoir moins de ce genre de bêtises, ça ferait du bien à la profession, mais c’est un autre sujet…

Et pas la peine de se précipiter sur Internet qui n’est guère mieux sur le sujet pour vous conseiller. On voit des descriptifs complètement faux qui ne sont pour la plupart qu’une reprise des arguments marketing des marques…

Et le prix alors ?

Si on parle money money, tout dépend de l’alcool en question. Oubliez presque tous les whiskies à moins de 30 euros (encore une fois il existe des exceptions… mais ça reste rare) . Et même si vous voulez quelque chose qui tient la route on est plus au niveau de 50 euros pour trouver des choses sympa.

Pour le rhum, c’est plus facile de trouver des choses agréables pour moins cher (tout du moins pour le moment) autour de 30 euros. Mais encore une fois, ceci n’est pas forcément signe de qualité car il existe des daubes à 50 euros…

Pour les alcools blancs type vodka ou gin, attention aux entourloupes. On voit de plus en plus de bouteilles qui dépassent les 60, 70, 80 euros. Est-ce justifié ? Pour 90%, non. Ce n’est généralement pas bio et c’est du marketing. Souvenez-vous qu’une bouteille de vodka dite Ultra premium coûte en fabrication quelques euros…

Là où c’est plus compliqué c’est au niveau du Cognac. Car il y a clairement eu des abus de certaines marques à nous vendre pour la peau des fesses (120, 150 euros) des produits qui étaient très largement sur évalués (mais bien aidés par les marchés chinois et américains où elles partaient néanmoins comme des petits pains). Malgré la crise qui est passée par là, et malgré Lidl ayant sorti son cognac XO à 19,9 euros les 50 cl (ayant provoqué la colère des viticulteurs au passage), les prix restent relativement élevés et c’est compliqué de trouvé un XO à moins de 100 euros les 70 cl (oui faites attention, il existe moins cher mais bien souvent c’est un format 35 ou 50 cl…). Si votre portefeuille ne le permet pas, alors rabattez vous sur un bon VSOP à 50 euros la quille.

Et pour ceux qui s’en moquent du prix et qui veulent une « bonne bouteille » plaisir ?

Alors le secret c’est de goûter. Faire les salons et garder la tête suffisamment froide pour se souvenir de que l’on a apprécié ou non. De ne pas hésiter à aller à la rencontre de marques inconnues et de leur demander de goûter leurs références les plus éloignées. Vous pouvez aussi vous diriger chez un caviste qui propose des échantillons à la dégustation. Profitez également des animations mises en place par certaines marques pour goûter. Mais pas seulement. Renseignez-vous sur Internet sur des blogs, des groupes de passionnées pour recueillir des avis. Vous avez (ou votre ami) le droit de boire des choses considérées comme pas bonnes. Mais informez-vous, et faites en sorte que votre palais progresse pour vous diriger vers des choses meilleures. C’est là où vous verrez que votre bonne bouteille est souvent liée à une époque, et que celle-ci risque fort d’évoluer au fils des années qui passent.. .

Author

Fondateur de ForGeorges - plus de 1 000 bars testés à travers le monde - prend autant de plaisir à tester un nouveau bar, que déguster un spiritueux ou un verre de vin en bonne compagnie ! Spécialiste de la loi Évin et dénicheur de bonnes idées et innovations pour les marques d'alcool ! Son cocktail préféré ? Tous à partir du moment où ils font passer un bon moment (mais ne crache jamais sur un old fashioned bien réalisé ! ). Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...) Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...)

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