Pour sa 16e édition, le Monkey 47 Distiller’s Cut ajoute une pleurote allemande à ses 47 botaniques habituels. Après le sel de Camargue l’an dernier, la marque du groupe Pernod Ricard confirme un virage vers les saveurs salées.

Le Distiller’s Cut, rituel annuel de Monkey 47

Le principe ne change pas depuis seize ans. Chaque année, la distillerie installée en bordure de la Forêt-Noire part à la recherche d’un ingrédient rare, baptisé en interne « species rara ». Ce 48e botanique vient s’ajouter à la recette du gin phare de la maison, qui en compte déjà 47.

Le résultat sort en édition limitée sous le nom de Distiller’s Cut. Pour la marque, c’est à la fois un terrain d’expérimentation et un rendez-vous attendu par les collectionneurs.

Son fondateur, Alexander Stein, résume la démarche par la curiosité sensorielle : il ne s’agit pas seulement de trouver un nouvel ingrédient, mais aussi de raconter les gens qui le produisent.

Une pleurote cultivée dans les caves d’une forteresse

Cette année, l’ingrédient a été trouvé dans le Bade-Wurtemberg, la région de la distillerie. Plus précisément dans la Wilhelmsburg, une forteresse militaire de la ville d’Ulm.

Ses caves offrent les conditions adaptées à la culture de pleurotes. C’est là que travaille Burgpilz, une petite entreprise locale qui fournit désormais les champignons à Monkey 47.

La pleurote a ensuite été intégrée via un procédé de macération et de distillation développé spécifiquement pour cette édition. Selon la marque, son caractère umami apporte au gin une complexité plus salée, plus terreuse.

Monkey 47 Distiller’s Cut : après le sel, le champignon

En 2025, le Distiller’s Cut misait sur des cristaux de sel récoltés à la main dans les salins roses de Camargue. En 2026, place à la pleurote.

Deux éditions d’affilée, deux ingrédients qui tirent le gin loin du registre floral et agrumes qui domine la catégorie. Difficile de ne pas y voir une ligne directrice.

Pour les bartenders, la piste mérite attention. Les profils salins et umami intéressent depuis plusieurs années ceux qui travaillent les Dry Martini, les Gibson ou autres cocktails dans le même style. Un gin qui embarque déjà cette dimension dans sa distillation change la manière de construire une recette.

Reste à voir si le champignon se sent vraiment dans le verre ou s’il reste un argument de récit. Sans dégustation, impossible de trancher.

79,95 euros les 50 cl, et un tirage au sort pour y accéder

Le Distiller’s Cut 2026 titre 47 % vol., comme le gin d’origine. Il est vendu 79,95 euros la bouteille de 50 cl, soit près de deux fois le prix au litre de la référence classique !

Surtout, il ne s’achète pas librement : l’accès passe par un tirage au sort, auquel on s’inscrit sur le site de la marque. Ni le nombre de bouteilles produites, ni les dates d’inscription, ni les pays concernés n’ont été précisés. La disponibilité en France reste donc à confirmer.

Ce système en dit long sur la fonction réelle du produit. Plus qu’un outil de bar, le Distiller’s Cut est un objet de désir, pensé pour entretenir la rareté et la conversation autour de la marque.

Un habillage qui reprend la texture du champignon

L’étiquette brune joue sur des dorures métalliques et un gaufrage inspiré de la texture de la pleurote. L’anneau du bouchon porte la devise « ex pluribus unum » (« un parmi plusieurs »), gravée et dorée. Le coffret est en papier certifié FSC, dans une teinte propre à cette édition.

Côté Pernod Ricard, Francesco Ottaviano, vice-président gins et apéritifs, présente cette édition comme une manière de bousculer les conventions et de cibler en priorité les mixologues et les amateurs fidèles de la marque.

Pour mémoire, Monkey 47 a aussi décroché cet été deux médailles d’or aux Gin Masters 2026 organisés par The Spirits Business, pour son Schwarzwald Dry Gin et son Sloe Gin.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.

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Fondateur de ForGeorges - plus de 1 000 bars testés à travers le monde - prend autant de plaisir à tester un nouveau bar, que déguster un spiritueux ou un verre de vin en bonne compagnie ! Spécialiste de la loi Évin et dénicheur de bonnes idées et innovations pour les marques d'alcool ! Son cocktail préféré ? Tous à partir du moment où ils font passer un bon moment (mais ne crache jamais sur un old fashioned bien réalisé ! ). Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...) Auteur des livres : Le Whisky C'est pas Sorcier, Le Rhum c'est pas sorcier et Les Cocktails c'est pas Sorcier, aux éditions Marabout et traduits en plusieurs langues (Anglais, chinois, japonais, russe, italien, néerlandais...)

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