Le « K » Kamm&Sons

Alex Kammerling était invité à la Candelaria pour présenter son nouveau bitter à la scène parisienne.
Il y a révélé son produit ainsi qu’une stratégie marketing relativement surprenante !

Sa biographie :
Barman auto-didacte / ex- brand ambassador Grey Goose / ex-journaliste Class Magazine / auteur de « Blend Me, Shake Me » (BBC Books 2004) / Créateur de Kamm&Sons Ginseng Spirit.

La théorie :
« History of alcohol in history »

Lorsque l’alcool a été découvert, il a rapidement été utilisé en médecine comme antiseptique, anesthésique, et vecteur de bien-être. Le méthanol est naturellement produit par le corps humain lors de la fermentation de matières organiques ingérées.
En Egypte (1500 Av.JC), la médecine utilisait déjà des herbes, du miel et de la bière pour décontracter les muscles lors d’accouchements par exemple. La médecine chinoise et ayurvédique exploitaient les herbes en tant qu’antiviral, antifongique et antibactérien. Plus tard, le vinum hippocratum (sorte de vin à base d’herbes) aurait servi a soigné les vers intestinaux.

La distillation a élevé la médecine aux herbes à un autre niveau en proposant des alcools forts comme solvants et conservateurs. Ils étaient aussi prescrits pour améliorer le flux sanguin. Une nouvelle évolution s’est faite à l’époque des alchimistes qui ont redéfini l’art de la distillation en créant des élixirs de vie (Eau-de-Vie, Aqua Vitea, Aquavit…).

C’est la naissance de la Bénédictine, Chartreuse et autres Liqueurs herbacées permettant de tuer les bactéries. Au XIVe siècle, le genièvre aurait servi contre la peste noire, et comme diurétique pour les colons hollandais au XVIIe. Le XVe siècle voit la naissance des apothicaires, qui commencent à faire du commerce avec leurs remèdes herbacés.

Les colonisations permettent la découverte de nouveaux ingrédients et dans les boutiques apparaissent les pots contenant les alcools. Les bitters brandés comme Peychaud (Antoine Amédée Peychaud) et Angostura (Dr Siegert) éclosent quant à elles au XIXe. Les « Drug Stores » peuvent être vus comme les prémices du bar actuel : les pharmaciens portaient une chemise blanche, une cravate noire de manière classe comme les bartenders. Et les alcools commencent à être mélangé pour diluer le goût trop fort.

La première description du cocktail apparait en 1806 dans  » The Balance and Columbian Repository », la voice in English in the texte : Cock-tail is a stimulating liquor, composed of spirits of any kind, sugar, water, and bitters—it is vulgarly called bittered sling, and is supposed to be an excellent electioneering potion, inasmuch as it renders the heart stout and bold, at the same time that it fuddles the head. It is said, also to be of great use to a democratic candidate: because a person, having swallowed a glass of it, is ready to swallow any thing else

Le Sazerac est l’un des plus vieux cocktails et surtout le premier à base de Peychaud Bitter, les bitters n’étaient pas interdits pendant la prohibition, en vertu de leurs qualités médicinales. Pendant très peu de temps en 1921, les alcools ont aussi été autorisés, si ils étaient prescrits par les médecins. A la base l’apéritif à base de quinine et d’absinthe servait à ouvrir l’appétit, sous l’action des bitters sur la langue la salive se déclenche, qui indique au cerveau d’activer les enzymes digestifs.

Le produit :
Le développement de Kamm&Sons (distillé à Londres) a pris 5 ans et des centaines de tests, pour arriver à un mélange de 45 ingrédient naturels comme :
– Le ginseng : augmente l’afflux sanguin, améliore la mémoire, prévient des infections…
– Baies de Goji : balancent le yin, antioxydantes…
– Echinacea : antibiotique
– Ginko Biloba : bon pour la mémoire
– Miel de Manuka : antiseptique, antifongique
– Genièvre et pamplemousse…

Ce bitter a des notes olfactives citronnées et florales, les notes gustatives, quant à elles, sont plus épicées et boisées. Il titre à 33% d’alcool et tire son inspiration du gin. En France il est distribué à la maison du whisky. Cette stratégie ne m’a pas laissé indifférente. Jamais ou rarement une marque ne communique sur l’aspect médicinal ou bénéfique de son produit, Kamm&Sons surfe sur l’organic trend de manière plus poussée lors de ses présentations. Outre les fanatiques de la loi Evin qui crieront au scandale (les mêmes qui surveillent les terrasses pour s’assurer qu’elles sont bien en courant d’air si les gens fument), les autres s’interrogeront sur la pertinence de cette stratégie. Il est clair qu’en France il sera impossible de conserver cette ligne directrice. En revanche, les bartenders ont le champ libre pour créer un storytelling autour des origines de ce produit que nous avons hâte de découvrir  !

 

(Source photo : facebook Kamm & soons)

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