Laurent-Perrier : une aventure au coeur du secret

Laurent-Perrier Champagne ForGeorges

On vit parfois des expériences qui sont tellement fantastiques que l’on a du mal à en parler, on a peur d’en oublier des bribes, voir même d’abimer ce vécu en le couchant sur le papier. Il aura fallu à Georges quelques semaines pour prendre du recul et essayer de vous la décrire afin que vous puissiez en percevoir les subtilités, même derrière votre écran. Il s’agit de la visite de la Maison Laurent-Perrier située à Tours-Sur-Marne, à quelques kilomètres de la plus célèbre ville qu’est Reims. Georges n’en était pas à son coup d’essai en terme de visite de maisons de Champagne mais celle-ci a dépassé toutes ses espérances !

Première particularité de la visite… la Maison (cave et château de Louvois) sont des lieux inaccessibles au grand public. Mais pourquoi donc ? Nous aurions pu nous attendre à des choses délabrées, ou bien des choses à cacher… il n’en est rien ! Tout est en magnifique ! La maison Laurent-Perrier cultive son secret et entrer dans ces lieux vous fait ressentir une sensation étrange de fierté mêlée à de la frustration de ne pas pouvoir le partager avec plus de monde. Une autre particularité de cette maison est de cultiver son côté « campagne ». En effet, ici nous sommes loin de l’agitation de la ville. Autour de la maison : des vignes et pas un bruit. Le soleil brille, le temps va plus doucement et ça se sent dans tout ce que la maison fait !

Parler de Laurent-Perrier, c’est avant tout parler d’Hommes avec un grand H.

Nous sommes bien loin des standards bling bling, et du luxe ostentatoire. Ici nous sommes dans le discret, dans l’authentique. Une maison où le produit est roi, il guide le marketing, et non l’inverse. Ici pas de champagne « coup de pub », pas de millésimé à tout bout de champ. Le produit et seulement le produit. D’ailleurs vous avez surement déjà bu, vu, touché une bouteille de Laurent-Perrier et pourtant il n’est pas dans la liste des champagnes dont vous sortiriez de suite le nom, en tout cas pas avant d’avoir lu cet article. Pourtant c’est le troisième champagne en terme de valeur et le cinquième en terme de volume !

Georges se faisait cette remarque : « Tout le monde connait, personne ne sait ».  Et il faut dire que le secret fait partie de l’ADN de la maison. C’est une véritable aura mystérieuse qui flotte sur cette maison. Tel un espion secret britannique au service de sa reine (Laurent-Perrier est le fournisseur officiel du prince de Galles), Georges a eu la chance de s’infiltrer et de découvrir une maison de champagne extraordinaire.

Une histoire d’Hommes… construite par des Femmes.

Pour parfaitement comprendre cette maison, il faut plonger dans le passé. 1812, au coeur de Tours sur Marne, André Michel Pierlot , ancien tonnelier et embouteuilleur s’installe. Son fils n’ayant pas de descendance, il transmettra la maison à Eugène Laurent qui dotera la maison de sa structure indispensable à sa dimension actuelle : 800 mètres de caves creusées, et surtout l’achat de parcelles de vignes parmi les plus prestigieuses.

Mort prématurément, c’est à ce moment que la jeune veuve de 35 ans, Mathilde Emilie Perrier reprend les reines de l’entreprise. La maison  » Veuve Laurent-Perrier » était née. Vous pensiez que Laurent Perrier était une seule personne comme Georges ? Le trait d’union à toute son importance car c’est l’enchainement de ses deux personnes visionnaires, intègres et de caractères qui ont créé le socle de cette maison. Mathilde Emilie Perrier était également une personne à l’écoute de la demande, mais n’hésitant pas à aller à contre-courant des tendances contemporaines pour créer un grand vin sans sucre, ancêtre de l’Ultra Brut Laurent-Perrier actuel. Ceci lui ouvrira les portes du marché britannique, première étape de la stratégie d’internationalisation de la maison.

Autre femme de caractère à intervenir dans le destin de cette maison, Marie-Louise de Nonancourt. Descendante de la famille Lanson, grande famille du champagne (tout se rejoint), décida de racheter la maison Laurent-Perrier en 1939. Il fallait un courage et une vision monstre pour projeter le redressement de ce bateau en plein naufrage et prêt à toucher le fond (classée 98 sur 100 maisons de champagne). Elle poussera son fils Bernard à faire ses classes dans d’autres maisons de champagne. Ceci sera en partie responsable de la fabuleuse aventure qui allait advenir à Laurent-Perrier…

Le commandant Bernard de Nonancourt

Car c’est bien le terme qui convient pour décrire celui que ses employés appellent encore affectueusement  « le génie », aujourd’hui décédé. Il aura permis de passer la maison Laurent-Perrier de petite à très grande maison de champagne tout en gardant ses valeurs. Ceci grâce à son talent, son exigence, son perfectionnisme et son humanité . D’ailleurs sa maxime était « Qualité des hommes, qualité des produits ».
Encore une fois, le produit est roi. La communication et le marketing ? Il se chargeait lui même après ses journées de travail à passer de soirées mondaines en soirées mondaines pour venter la qualité de ses produits, n’hésitant pas à mettre son plus beau costume de VRP pour aller conquérir le marché africain.  Il faut dire que cet homme avait une vision mais également un destin peu ordinaire de combattant. Pendant la seconde guerre mondial, son frère mort en déportation, il rejoindra les rangs de la résistance et participera à la fondation du marquis de la Chartreuse avec celui qui deviendra l’Abbé Pierre.
Engagé ensuite dans la seconde DB du général Leclerc, celui-ci, le sachant originaire de la région de Reims lui donnera la mission de faire l’inventaire de l’ensemble des bouteilles de la cave privée d’Adolf Hitler, à Berchtesgaden. Il y découvrira des caisses de Champagne Salon volées par les nazis quelques années auparavant auquel il avait assisté… Il rachètera plus tard, en 1988, la maison Salon, comme pour boucler la boucle ce douloureux épisode.

Mais sa recherche de la perfection pousse Bernard de Nonancourt à vouloir créer un bijou pour Laurent-Perrier, un vin qui resterait comme le symbole de la maison et de son expertise. C’est de là que fût créé « Grand Siècle », un nom prestigieux pour designer « Le meilleur du meilleur avec le meilleur ». Tout est dit dans cette phrase : un assemblage de trois millésimés issus des meilleurs crus à 100% et des meilleurs cépages.

Du chardonnay et encore… des Hommes 

Car en terme de cépages, l’utilisation massive de Chardonnay est LA marque de fabrique de la maison Laurent-Perrier. Ceci-ci permet au vin de développer pureté, fraîcheur, et distinction.Et surtout ce cépage possède un très bon potentiel de vieillissement. Quoi de mieux quand on veut faire des vins qui restent dans le temps ?
Des cépages fournis par un réseau de plus de 900 fournisseurs avec qui des liens des liens de plus en plus forts ont été tissés. Fidèle à sa notion « Des produits et des hommes, Bernard de Nonancourt eut l’ingénieuse idée d’ouvrir une partie du capital lors de l’entrée en Bourse du groupe en 1998… Quoi de mieux pour les fidéliser ? Surtout que la production ne cesse d’augmenter passant de 800 000 bouteilles en 1939 à plus de 7 millions en 2013… La progression est pharaonique !

Comment ne pas parler également des chefs de cave qui se sont succédés ? Dans cette maison, pas de chef de cave superstar qui ira jouer son playboy dans toutes les soirées ou porter des cravates délurées au couleur de la marque. Mais un homme discret Michel Fauconnet qui oeuvre en coulisse à créer, concevoir et porter les valeurs de la maison par la qualité des productions. Un savoir faire qui se transmet durant de longues années puisque seulement trois chefs de cave se sont succédés depuis la seconde guerre mondiale : Edouard Leclerc, Alain Terrier et enfin Michel Fauconnet. Seul regret de Georges : ne pas avoir pu rencontrer le chef de cave.

Maintenant que vous avez compris cette histoire incroyable de la Maison Laurent-Perrier, il est temps de descendre en cave. Comme nous vous l’indiquions, ici pas de cohortes de touristes délimitées par des cordes… mais nous (c’est à dire 5 personnes) et les ouvriers. L’atmosphère est fraiche, humide… et intimiste. On entend au loin des bribes de sons émanants de la chaine d’embouteillage, ou encore des pas vifs d’ouvriers. Dans chaque pièce des milliers de bouteilles à perte de vue, puis des milliers de magnums, de jéroboams… Les proportions sont enivrantes ! Mais sans jamais avoir cette impression de maison industrielle comme Georges a déjà pu le voir dans d’autres maisons champenoises…
Même à la fin du parcours : une « chapelle », endroit mystique où de chaque côté de l’allée sont disposées dans des travées des bouteilles de toutes tailles et de toutes années… un jéroboam de Grand Siècle XXX, pas de problème il en reste 347. Pourquoi XXX ? Car seules quelques personnes connaissent la correspondance des chiffres et des années correspondantes… permettant d’éviter quelques tentations.

En parlant de mystique, Georges a failli oublier de vous parler des cuveries… et plus principalement de la cuverie Grand Siècle. Comment dire… WHAOU ! Un mix entre une église et un roman de science-fiction d’Arthur C. Clarke. Une fois passées les doubles portes vitrées, des néons, des cuves inox sans soudures, réalisées par la société française Pierre Guérin, et une atmosphère sombre. On se sent petit et humble dans ce lieu. On regarde les cuves et on imagine les prochaines cuvées de Grand Siècle attendre patiemment, se former, grandir dans cette ambiance. On a peur de parler, de les déranger et de perturber ce processus. Alors on chuchote et on admire.  Au fond, une nouvelle porte : la salle de dégustation Grand Siècle. Et là on est à l’apothéose : une grande table blanche, et de chaque côté de grandes plaques d’acier gravées avec les cartes des terroirs de la Champagne. Comble de la perfection, les crachoirs sont dissimulés dans les murs…
Une véritable signature des deux filles de Bernard de Nonancourt (Stéphanie et Alexandra), qui ont souhaité par cette cuverie montrer leur vision et ancrer la maison vers le futur !

Place à la dégustation. Georges a eu la chance de déguster les champagnes suivants :
– Ultra brut
– Brut
– Millésimé 2004
– Grand Siècle
– Alexandra
– Cuvée Rosé

Nous allons juste vous parler aujourd’hui d’Alexandra… c’est injuste mais nous vous parlerons des autres dans d’autres articles !
Georges pensait que Grand Siècle était le summum de la Maison Laurent-Perrier. Mais ça c’était avant qu’il découvre la cuvée Alexandra.
Un champagne rosé… qui caresse l’exceptionnel !  Dévoilé à l’occasion du mariage de sa fille Alexandra, Bernard de Nonancourt a souhaité pour ce champagne un niveau encore jamais atteint par la maison.

Le principe de la macération des grains de pinot noir utilisé pour le rosé est conservé, mais pour l’Alexandra Rosé Millésimé, l’audace va encore plus loin. D’ordinaire le pinot noir macère seul. Ses jus sont ensuite vinifiés cru par cru. Cette fois, les grappes des deux cépages, le pinot noir et le chardonnay, vont macérer conjointement, ce qui constitue une façon de procéder tout à fait unique, rare et originale. Pour obtenir cette fusion, une condition est cependant impérative : leur maturité doit être atteinte au même moment.

Seules les très grandes années offrent cette opportunité. Le choix des parcelles, puis des grappes, leur tri pendant la vendange, sont essentiels. La juste proportion des deux cépages (environ 80% de pinot noir et 20% de chardonnay) est également capitale, car dès cette phase de macération, le futur vin est en gestation. La qualité a un prix : 280 Euros. Mais c’est bien plus que du champagne que vous dégustez ici… c’est une oeuvre d’art ! D’ailleurs une fois de plus on est loin du coup Marketing puisque le dernier millésime d’Alexandra date de… 2004 !

Enfin, direction le château de Louvois… propriété de Laurent-Perrier où Georges a eu la chance de partager un repas à la table de Cyrille Benoist, directeur de la communication et Agnès Richer de Forges  chargée de communication sénior. L’occasion de tester le champagne Laurent-Perrier, en version magnum, accompagné d’un repas exceptionnel. La possibilité aussi de pouvoir comprendre l’ADN de la marque autour des jardins. Quoi de plus normal donc que de finir cette extraordinaire journée par la visite des jardins du château créés par… Le Notre tout simplement.

Il est l’heure de rentrer… une larme d’Alexandra coule de l’oeil de Georges. Une aventure formidable, dans un lieu extraordinaire, avec des rencontres incroyables… Il manque très certainement beaucoup de détails de cette journée, en tout cas Georges espère que vous aurez apprécié le voyage par procuration et dégusterez différemment votre prochaine bouteille de Laurent-Perrier, cette marque qui partage beaucoup de valeurs avec ForGeorges !

 

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