Benromach : La toute petite pépite tourbée du speyside

Whisky Benromach

Georges aime l’écosse.  Il l’aime d’autant plus, lorsque il s’envole pour les Highland et leurs distilleries de Whisky. S’arrêter à un compte rendu de dégustation et une présentation produit serait :
Un,  mal connaître Georges.
Deux, passer sous silence l’incroyable travail effectué par ces passionnés du Whisky bien distillé. Rassurez-vous Georges ne distille que de belles histoires et surtout de belles rencontres.

Georges quitte le sol français pour s’envoler vers la région écossaise où la majeure partie des distilleries sont concentrées : le Speyside. Une quarantaine des plus grands noms du whisky mondial sont installés sur ces terres. Pendant trois jours, Georges a sillonné les routes à la découverte de 3 distilleries de Single malt : Benromach, Glendronach, et Glengarioch. Pour ce dernier entendez Gleng(guerry).

La première à nous ouvrir ses portes est Benromach. Avec 250 000 litres par an de Whisky, Benromach fait office de tout tout, tout petit producteur. À titre de comparaison les plus grands du nord-est de l’Ecosse produisent « à peu près ce volume en quelques jours » nous précise Keith Cruickshank, le master distiller.  Mais qu’importe, nous ne sommes pas là pour parler performance et force de vente. Mais bien pour découvrir cette rescapée des années difficile pour le Whisky écossais, les années 80. Pendant 10 ans la production est ralentie, l’alcool pur ne coule alors plus beaucoup dans la spirit safe[1].

En 1993, le négociant et embouteilleur aux reins solides, Gordon & MacPhail, décide de remettre debout, et ce avec vigueur, la distellierie au mur très blanc et l’immense cheminée rouge. « On ne sait plus quoi en faire mais, elle a plus de 100 ans. Alors on la garde ! »

Notre Hôte, Keith, est la personne la mieux placée pour nous faire passer la porte de leur distillerie. Pourquoi ? Parce qu’il est là depuis le début de cette nouvelle aventure. Maitre distilleur c’est véritablement lui qui a façonné les courbes vanillées, les tonalités fruitées et la robe légère de ce single malt. Et c’est ça que Georges recherche.

Georges suit son guide, le maitre des lieux. Lorsque vous entendez que plusieurs milliers de litres sont produits chaque années vous attendez à voir de longues rangées d’Alambic, des cuves de fermentation à perte de vue, des chais qui s’étendent sur des centaines de mètres. Non rien de tout cela. On est loin de l’hyper production de jus. Ici mash tun, Wash back et alambics se côtoient dans le même bâtiment.

Keith avec son accent bien écossais nous fait faire le tour du propriétaire. On commence avec un mash tun centenaire « en pleine fleur de l’âge ! » Il a besoin d’attention mais l’orge maltée est parfaitement broyée. Le vieux, l’expérimenté, il n’y a que ça de vrai.

Keith pas vieux mais sacrément expérimenté nous amène dans la salle des rois. Salle où trône face à face 2 alambics et 4 washback. Sans oublier la fameuse spirit Safe.  A bien comprendre Keith, le whisky et son élaboration est le fruit d’une alchimie difficilement maitrisable mais tellement passionnante. Seule la patience (5 ans pour la première cuvée) permet d’obtenir un Whisky digne de ce nom.  Keith nous dit que le bois en contact avec le whisky fait « les ¾ du boulot ».

Ici le Mélèze des Wash back apporte « très probablement » au caractère du whisky.  Une fois crée, le whisky est une première fois vieillit en fût de Bourbon puis en fût de sherry[2]. Cette double Maturation permet un retour au whisky dit « classic ».  Le caractère légèrement tourbé le confirme.

Classic peut être, mais audacieux, et innovant. Ambitieux et sûr d’eux, Benromach à lancé en 2006 un Whisky Bio. parce que l’orge et les levures le sont et que le bois des fûts vient de forêts éco-responsable. Effet Marketing ? Peut être. Mais ce que Georges retient c’est qu’il n’a rien a envié à son camarde le « classic ».

En parcourant les quelques mètres nous amenant aux chais, Juliette Buchan, Brand ambassador en France, précise à Georges qu’ici le Whisky n’est pas une question de quantité produite (même s’ils la doublent très bientôt) mais de savoir–faire, de retours aux racines d’un whisky de caractère. Ici le comptage se fait encore à la craie.  La simplicité, la passion et l’énergie du petit trublion font de Benromach un Whisky très séduisant qui mérite très très largement sa place dans les bars des Gentlemens et des curieux souhaitant découvrir de bons whisky.

 

Edouard Priet.

[1] A l’origne scéllé par les autorités, ce meuble qui trône dans toute distillerie permet au distilleur d’évaluer la pureté de l’alcool. Dans le processus délaboration du whisky c’est en quelque sorte l’ancêtre des machines qui gère les sélections du cœur de chauffes et l’ élimination des têtes et queues de distillation.

 
[2] La plus part des whisky sont vieillits dans d’anciens fûts e Bourbon et d’autres venus de vignobles français, espagnol ou portugais)

 

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