Au goût de la vie – Loi Evin et liberté d’expression ?

Au Gout De la Vie

« L’ordonnance de référé rendue le 7 janvier par le tribunal de grande instance de Paris autorise le maintien des visuels de la campagne d’Inter Rhône« .

C’est par cette phrase que Georges a pris connaissance du jugement rendu semaine dernière concernant la plainte déposée par l’ANPAA. Alors que nous étions dans une semaine lourde en émotions, l’information peut paraître anecdotique. Mais lors d’un rassemblement qui a dressé des millions de gens dans la rue avec des affiches « Pour la liberté d’expression »… elle mérite que l’on s’y penche quelques minutes.

Non la compagne d’Inter Rhône ne se bat pas pour changer le Monde, et n’a rien à voir avec les campagnes engagées de Charlie Hebdo. Inter Rhône a un objectif commercial.
Mais un intellectuel Français lors d’un débat (dont j’ai oublié le nom à mon grand regret), disait cette phrase : « Le problème est que maintenant en France on s’autocensure pour tout, quel sera la prochaine étape ? ».

Ce visuel d’Inter Rhône a fait débat aussi au sein de la rédaction de ForGeorges « Oui il est Evin parce que… », « Non je te dis qu’il n’est pas Evin… ». Avec des débats sur le fond mais aussi sur la forme. Honnêtement est-ce que ce visuel, on le voyant on éprouve du plaisir ? Il est certes très beau, peut être que certains des symboles qui composent cette illustration sont maladroits. Mais personnellement j’éprouve plus de plaisir et d’envie devant une bouteille qui se verse dans un verre, que devant cette image !

Donc au final, on garde les visuels et on change le slogan. C’est ce que le tribunal demande. Même si « Au Goût de la vie », se justifie par l’Inter Rhône par « correspond à la composition du vin, même entendu de manière très extensive, comme provenant d’un produit, soit du raisin, « vivant ».

Ainsi, les visuels qui s’inscrivent dans le cadre d’une consommation modérée ont été qualifiés de « dessins non dénués de qualité artistique » ne justifiant pas « un trouble manifestement illicite ou d’un dommage imminent présentant les mêmes caractéristiques que le juge des référés aurait le pouvoir de faire cesser ou prévenir » toujours selon les termes de l’ordonnance de référé du 7 janvier 2015.

 

Georges se bat et se battra toujours contre l’alcoolisme mais à force de vouloir taper sur toutes les campagnes, on va se retrouver avec des Français qui ne sauront plus apprécier le vin. Eduquons, formons nos français au lieu de les prendre pour des chèvres. Laissons nos viticulteurs s’exprimer également dans le cadre d’une consommation responsable. Le parallèle est peut être extrapolé mais tant pis je le fais : ne tuons pas le droit de s’exprimer de nos vignerons !

Et de se poser la question : est-ce que la sentence aurait été aussi clémente dans un autre contexte social et médiatique en France ? 

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